Publié par : jo030 | 20 juin 2011

Dear 16-year-old me

Dear 16-year-old me,

Si je n’avais qu’une chose à te dire, ce serait ne t’inquiète pas trop. La vie te réserve de belles surprises et de beaux défis. Les années du secondaire ne sont pas les plus importantes, malgré ce que tu peux en penser. Les gens que tu côtoies tous les jours deviendront rapidement des connaissances, puis quitteront la vie. C’est sûrement triste de penser que tu ne reverras jamais plusieurs. Ne t’en fais pas avec cela. Les amis deviennent des connaissances et vice-versa. Ne bâtis pas trop d’espoir sur les amitiés, sauf celles qui sont faites pour durer. Tu verras, tu seras agréablement surprise par des liens qui se développeront une fois le secondaire terminé. Profites-en. Ce sont ces personnes-là qui valent la peine. Pour les autres, dis-toi que c’est mieux ainsi. Tu feras des rencontres merveilleuses, tant au Cégep qu’à l’université. Tu rencontreras des gens inoubliables qui changeront ta vie. Accroche-toi à ceux qui te font du bien et éloigne-toi de ceux qui te nuisent. La vie est si courte qu’il ne vaut pas la peine de s’attarder à des détails.

Dear 16-year-old me,

Les garçons finiront par te remarquer. Le secondaire n’était définitivement pas l’endroit pour rencontrer l’homme de sa vie. Ne t’en fais pas avec ça. Même si je sais très bien que c’est difficile. Ne te laisse pas décourager par ceux qui n’en valent pas la peine. Tu avais raison: tu es une fille intelligente, brillante, belle et déterminée. Toutes ses qualités en feront craquer un. Ne t’en fais pas avec ton coeur brisé, il ne l’est pas vraiment. Crois-moi, tu ne sauras jamais vraiment ce qu’est l’amour jusqu’à ce que tu le rencontres. Tu verras, tu sauras que c’est lui. Tout sera si simple et si parfait, une vraie histoire de conte de fées, comme tu l’as toujours mérité. D’ici là, apprends à aimer la vie en solitaire et regarde et apprends. Quand le moment sera venu, il viendra à toi. Et il t’attendra. La patience est une vertu et tu en seras récompensée. Crois-moi.

Dear 16-year-old me,

Passe le plus de temps possible avec tes grands-parents, ils ne sont pas éternels. Ne regrette pas de négliger tes amis pour aller les voir, parce que le temps est compté. Plus encore, chéris ta famille comme tu ne l’as jamais fait. Les moments réunis seront de plus en plus rares et tu regretteras de ne pas y avoir consacré plus de temps. En vieillissant, tu te rendras compte qu’il n’y a rien comme la famille. Apprends à connaître tes cousins et tes cousines, ils sont aussi importants. Sois heureux pour chaque bonheur qui arrive dans leur vie et épaule-les chaque fois que tu le peux. Tu t’en sentiras mieux. Respecte tes parents et ta soeur, ils sont ce que tu as de mieux dans ta vie.

Dear 16-year-old me,

Arrête de t’en faire avec les apparences. Tu ne seras jamais maigre. Ni même grande. Accepte la réalité et tu en seras trois fois plus belle. Exploite tes atouts et tes courbes. Tu auras l’air en santé et tu seras heureuse. Un petit conseil: les skinny jeans, n’en abuse pas. Réfléchis deux fois avant d’acheter un morceau de linge afin de t’assurer qu’il t’avantage. Tu t’en seras reconnaissance. Ne t’en fais pas avec le vieillissement, tu auras toujours l’air très jeune. C’est sûrement décevant de le savoir maintenant, mais tu ne pourras pas entrer dans un bar avant 18 ans. Impossible de mentir sur ton âge. Par contre, une fois que tu auras atteint la majorité, tu seras heureuse de toujours avoir l’air jeune. C’est un mal pour un bien.

Dear 16-year-old me,

Tes plans de vie changeront considérablement. Tout comme tes valeurs. Ne t’en fais pas, c’est normal. Tu atteindras tes buts fixés, mais tu réaliseras qu’il en faut plus pour être heureuse. N’aie pas honte de changer d’idées. Écoute ta petite voix intérieure et n’aie pas peur de décevoir des gens. Ils n’en valent pas la peine. Profite de la Gaspésie parce que tu te seras déracinée quand tu la quitteras enfin. Montréal, ce n’est pas pour toi. Tu le réaliseras rapidement. Ne sois pas aussi certaine du métier que tu veux exercer et laisse-toi le plus de portes ouvertes. Tout ce processus sera bénéfique.

Dear 16-year-old me…

Un autre été s’amorce. Un autre été où je constaterai l’absurdité de le passer sur l’île de Montréal. Ou plutôt où je constaterai la difficulté de passer un été à Montréal avec un budget étudiant. J’ai l’impression que pour habiter la métropole, il faut être riche. Tout semble être payant. Le stationnement, les activités, les transports. Rien n’est gratuit.

Évidemment, ce n’est pas une nouvelle. Et pour un deuxième été passer dans cette grande ville, je sais à quoi m’attendre. Or, chaque fois ça me choque. Probablement parce que, pour moi, aller à la plage à toujours été une normalité plutôt qu’un privilège. Suffisait de marcher un peu, et l’eau arrivait toujours quelque part. Avec pas grand-chose, il était possible de passer une journée, heureuse et bronzée, à jouer dans l’eau salée jusqu’à ce que le sel fasse friser mes cheveux.

L’été a toujours eu un petit charme en Gaspésie. C’est LA saison par excellence. Il fait chaud partout au Québec, mais la chaleur de la Gaspésie rayonne pendant la période estivale. Loin d’être étouffante, la chaleur gaspésienne est tempérée par ce vent de la mer qui balaie le paysage de son air salin.

L’été en Gaspésie, c’est magique. Il y a quelques festivals, juste assez pour ne pas en être lasses. L’été est simple, doux et agréable.

L’été à Montréal, c’est l’impression d’être dans une prison de verre. À travailler sous les néons et l’air conditionné. L’été à Montréal grouille de choses à faire, de terrasses, de gens, de festivals, de soirées remplies en couleurs et en émotions.

Mais si ce n’était pas ce dont j’avais besoin? Si, pour être heureuse, le doux chant de la mer et les montagnes me suffisaient? Si un après-midi en famille sur le bord de la plage et un repas cuit le barbecue pouvait faire mon bonheur? Si mon bonheur était trop simple pour Montréal. Que se passerait-il s’il fallait encore passer ces lourds mois de chaleurs entre les quatre murs d’un petit appartement perdu quelque part au milieu de l’île aux géants?

Comment ne pas chavirer dans la folie et dans le désespoir? En s’accrochant à l’idée de partir. Et en investissant dans un air conditionné. La saison estivale commence à Montréal et j’espère réussir à en profiter. Car, croyez-moi, ce sera la dernière. L’an prochain, je le jure. J’aurai les deux pieds dans l’Est-du-Québec.

[*] Titre: Citation d’Elliot Perlman, auteur australien.

Les inondations saisonnières ne sont pas nouvelles au Québec et au Canada. Chaque saison amène son changement de température et la nature a parfois de la difficulté à s’y adapter. Qu’on pense aux terribles inondations au Manitoba en 1997 et celles qui ont présentement forcé d’évacuation de plusieurs villages.

Au Québec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est devenu l’emblème des inondations avec celles survenues en 1996. La Gaspésie n’a pas échappé à cette mode, soit en 2007 avec les inondations de Rivière-au-Renard et plus récemment, avec les nombreux villages touchés par les hautes marées, suivies de pluies torrentielles.

Dernièrement, la région de la Montérégie et de l’Estrie sont les plus touchées par ces phénomènes naturels. Aux dernières nouvelles, ces inondations sont les pires vécues par la région en 150 ans.

Le traitement des médias n’est jamais très différent, hormis pour le Manitoba qui est un peu moins médiatisé. La plupart des grands quotidiens et des réseaux de télévision diffusent l’information durant les journées les plus intenses et font, parfois, un petit suivi de la situation. Plus les inondations sont près de Montréal, plus on en entendra parler longtemps.

L’attitude des gens envers les inondations reste souvent la même également. On se sent un peu impuissant et on éprouve de la compassion pour les gens touchés par les terribles évènements. Puisque ce sont des évènements naturels, il est difficile de rendre les gens responsables de ce qui survient.

En Montérégie, c’est la crue printanière des eaux, juxtaposée à des pluies torrentielles pendant plusieurs jours qui ont fait déborder la rivière Richelieu, rivière qui déborde un peu chaque année. En Gaspésie, en décembre dernier, ce sont les hautes marées, aidées de précipitations intenses et de vents violents qui ont causé les dommages connus. Suivi d’inondations dû aux précipitations, pour ceux qui avaient été épargnés par les hautes marées. Ce phénomène survient chaque année, mais jamais de façon aussi intense.

L’attitude des gens est différente par rapport aux deux situations. Bien que le traitement des médias soit le même, quoi que la Montérégie ait reçu plus de visibilité, par sa proximité avec Montréal et par l’ampleur de la catastrophe (plus de gens habitant en Montérégie qu’en Gaspésie, plus de gens sont évidemment touchés), les commentaires de certaines personnes n’ont pas été les mêmes.

Beaucoup de commentaires visaient les Gaspésiens qui habitaient le bord des berges. On les accusait d’avoir volontairement choisi de s’installer si près de l’eau et d’ainsi faciliter les inondations. On montrait ouvertement son mécontentement à devoir payer pour les réparations et les dédommagements. Jamais on ne prend en compte le fait que les maisons sont installées au même endroit depuis des générations et que l’érosion a rapproché le fleuve ou la baie. Jamais on ne prend qu’en considération les gens n’ont simplement pas les moyens de déménager et qu’ils sont attachés à leur maison.

Pourtant, avec les inondations en Montérégie, on n’a accusé aucun citoyen de s’être installé trop près de la rivière Richelieu ou des lacs en question. Venise-en-Québec, un petit village touché par les inondations, n’a pourtant pas choisi ce nom par hasard, faisait ainsi référence à cette ville d’Italie et à ses fameux canaux. Certes, les inondations ont dépassé les prédictions et il aurait été impossible de prévoir une telle ampleur.

Il me semble que la même situation s’applique en Gaspésie. Comment prévoir des marées aussi dévastatrices et des inondations aussi intenses alors que la situation n’a jamais été aussi grave ? Pourquoi reprocher à des gens d’être établis où ils sont s’ils en ont eu le droit ?

Oui, je suis d’accord que des normes doivent encadrer les futurs emplacements de terrains en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, afin que les inondations soient évitées. Un certain périmètre devrait être obligatoire à ne pas franchir. Mais la même chose devrait être appliquée à l’échelle du Québec, afin que toutes les régions puissent subir le moins d’inondations possible.

Évidemment, je n’ai aucun recul par rapport aux évènements et je ne me considère pas comme étant véridique dans tout ce que j’avance. Vu ma situation, il est normal que j’aie peut-être plus remarqué les critiques vis-à-vis les gens de l’Est-du-Québec puisqu’ils m’interpellent directement.

Mais je persiste quand même à dire qu’il y a une méconnaissance de la réalité qui entraîne les gens à des commentaires de ce genre. Si on comprenait ce qu’un petit bout de terre peut représenter pour des familles, on partagerait probablement la peine de plusieurs sinistrés et expropriés.

[*] Titre: Citation d’Océan Mer d’Alessandro Baricco, auteur italien.

Je suis une fille de mon époque. J’ai des opinions claires. Bien que ce blogue ne soit pas de la propagande politique, je trouve important de parler du résultat des élections canadiennes du 2 mai dernier, puisque ce résultat représente bien une réalité que plusieurs Québécois ne veulent pas toujours voir.

Je suis Québécoise. Je suis née en campagne, dans une région éloignée des grands centres économiques. Je suis de racines acadiennes et l’histoire de ma famille se passe beaucoup plus au Nouveau-Brunswick qu’au Québec. Or, je suis quand même Québécoise. Et surtout francophone.

J’ai grandi avec les traditions des deux cultures, tantôt québécoises, tantôt acadiennes. Je me suis fait bercer au chant de musique folklorique aux accents différents. Vu la proximité avec la culture acadienne et surtout à cause du Grand Dérangement de 1755 qui a permis à de nombreux Acadiens de s’installer dans ma belle Baie-des-Chaleurs, j’ai côtoyé les restes de cette culture francophone différente de celle des Québécois.

Cependant, j’ai toujours été Québécoise. Malgré quelques expressions colorées en provenance de nos voisins les acadiens, j’ai été élevée sous les souvenirs de René Lévesque et de la Révolution tranquille. J’ai appris comment notre nation avait été persécutée par les Anglais et comme la France avait laissé tomber sa colonie si facilement.

J’étais fière. Fière de faire partie de ces quelques millions de personnes qui avaient résisté à l’assimilation. Fière d’être francophone et fière d’être de souche acadienne. Comme si ce dédoublement de culture me donnait plus de raison encore d’être contre l’assimilation. Les Québécois n’ont jamais voulu changer leurs habitudes et leur langue pour les Anglais. Les Acadiens n’ont jamais cessé d’exister, malgré la déportation. Dans mon sang coule donc des souvenirs de peuple fort et courageux, qui a toujours refusé d’être ce qu’il n’était pas.

Mes valeurs d’aujourd’hui proviennent de cet héritage. Par des peuples qui se sont constamment fait reprocher d’être qui ils étaient. J’ai donc développé une grande tolérance. Pourquoi changer une personne alors qu’elle est faite ainsi? Je suis pour le respect des gens, peu importe leur culture, leur couleur, leur sexe, leur religion et leur orientation sexuelle. Le choix est personnel et nous appartient individuellement.

Aujourd’hui, j’ai peur. Peur parce que lors des dernières élections, les conservateurs l’ont emporté avec une majorité, ce qui signifie qu’ils règneront sur le Canada pour les quatre prochaines années. Et les conservateurs, j’ai vu leur orientation politique. Qui est à mille lieues de mes valeurs.

Plus encore, qui est à mille lieues des valeurs des Québécois qui, solidairement, ont voté pour les néo-démocrates. Non pour montrer aux Canadiens qu’ils sont prêts à voter pour un parti fédéraliste, mais pour montrer aux Canadiens leur différence, leur ouverture d’esprit par rapport au monde, par rapport aux individus. Le Québec a voté orange pour protester, espérant que les Canadiens les appuieraient afin d’empêcher que la majorité des conservateurs prennent le pouvoir.

Et le Canada, qu’a-t-il fait? Comme il en a toujours été. Il n’a rien fait. Il a laissé le Québec à lui-même, se disant que de toute façon, il était tellement déconnecté des valeurs canadiennes. Le Canada et le Québec ont toujours été si distincts. Peut-être fallait-il ce genre d’élections pour ouvrir les yeux. Deux solitudes qui se côtoient. D’ailleurs, que connait-on réellement des Canadiens, nous Québécois? Et vice-versa.

Avec un peu de recul, je comprends que ce geste du Québec ne restera pas sans conséquence. Lorsque les conservateurs commenceront à exercer leur majorité pour couper dans la culture, régresser dans les mariages homosexuels et la peine de mort, lorsque les journalistes seront bâillonnés et que l’environnement subira les contres-couts de cette élection, peut-être que les Canadiens comprendront pourquoi les Québécois ont voté orange, cette fois-ci.

[*] Titre: Célèbre citation d’un grand homme de son époque, René Lévesque.

Un blogue de plus à la longue liste de médias informatiques que j’aurai touché. Je suis réellement une fille du 2.0. Une geekette à ces heures, on pourrait dire. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit. Sur tout, à propos de tout, n’importe quand. Je me revois encore, prendre crayon et papier pour coucher mes journées et mes pensées. Quand je retourne dans mon ancienne chambre et que je me donne la peine de relire les nombreuses pages de journaux que j’ai remplies, je me sens toujours un peu nostalgique de la naïveté qui m’entourait lorsque je laissais mes pensées se coucher sur papier.

Ce blogue est une façon de continuer à faire voyager mon esprit et mes idées. Quoique beaucoup moins personnel, il sera le support à mon regard sur le monde. Un regard de jeune femme qui essaie tant bien que mal de jouer à la grande personne. J’aime écrire et recevoir des commentaires, mais ce blogue sera assurément plus personnel et libérateur. Si je me sens l’âme poète et que la prose me titille les doigts, je viendrai écrire quelques vers ici. Tout comme je viendrai m’indigner contre notre belle société lorsque des évènements se produisent.

Je risque d’aborder tous les types de sujets, en ayant une préférence à ceux qui touchent, de près ou de loin, l’exil que je vis actuellement. Exil est réellement le mot qui convient à ma situation. Selon Wikipédia (source de nombreuses heures d’insomnie à lire et relire des articles), l’exil est décrit ainsi.

« L’exil est l’état (social, psychologique, politique…) d’une personne, l’exilé(e), qui, volontairement ou non, a quitté sa partie, sous la contrainte d’un bannissement ou d’une déportation, l’impossibilité de survivre ou la menace d’une persécution, et de ce fait vit dans un pays étranger avec ce que cela implique de contraintes sociales spécifiques (langue, insertion, identité…) et de sentiment d’éloignement de la patrie (nostalgie, déracinement). »

Cette phrase décrit très bien mon état. Bien que je n’ai pas été forcée de quitter ma patrie, cette chère Gaspésie, ou d’une façon plus large, l’Est-du-Québec, les études universitaires dans un domaine spécifique m’ont amenée à devoir m’y éloigner, faisant ainsi face à ces contraintes sociales, notamment d’identité, mais aussi de langue. Je ne suis pas en pays étranger, mais la différence de façon de vivre entre ma petite campagne éloignée et la grande métropole économique de la province m’a profondément déracinée. Voilà donc pourquoi je me considère comme une exilée. Exilée à mille kilomètres de sa partie, à mille kilomètres de ses repaires et de sa famille.

Je vous dis donc: Bienvenue à bord! Faites attention de ne pas tomber si vous n’avez pas le pied marin! Les principales sorties de secours se trouvent à la droite de votre écran, si vous naviguez en PC, ou à la gauche, si vous êtes en MAC (en cas d’extrême urgence, il est possible de faire un Pomme + W). Je serai votre capitaine pour cette aventure et je vous avertis, je n’ai pas peur de la houle.

[*] Titre: Marin Karmitz, réalisateur français d’origine roumaine.

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