L’exil

L’exil commença en 2007, alors que je terminai mes études secondaires dans la magnifique région de la Baie-des-Chaleurs, en Gaspésie. Je traînai mes valises jusqu’au bout du monde, Gaspé, afin d’y vivre les deux plus belles années de ma jeunesse. L’exil fut petit, mais présent. La distance raisonnable entre mon village natal et la belle ville de Gaspé me permettait de me ressourcer quand le temps était nécessaire. Bien que je sois très attachée à mon patelin, je développai une véritable affection pour la ville de Gaspé et des environs. Je m’y sentit accueillie, tant par les gens que par le paysage. Je suis donc une amoureuse de la Baie-des-Chaleurs, qui prend pour maîtresse la Pointe de la Gaspésie.

Si le premier exil s’est fait en douceur, le deuxième, quant à lui, fut difficile. Je traînai mes valises du bout du monde au centre du monde: Montréal. Dans le but ultime de suivre une formation en journalisme, j’acceptai de quitter mon paradis afin de connaître les réalités de la grande ville. Bien que je mentionnai toujours vouloir quitter ma chère région afin de connaître le reste du monde, une petite voix à l’intérieur me répétait que je savais bien où je devais être.

Le choc fut immense. Tellement que je tombai dans une léthargie telle que j’ignore encore comme j’ai pu réussi à compléter ma première année de BAC. Si je me heurtai aux réalités montréalaises qui ne collaient pas aux miennes, je dus également faire face à une grande décision: quitter ou rester en journalisme. Peu convaincue du choix de programme dans lequel je m’embarquai, je décidai de continuer.

L’exil atteint un apogée à l’été 2010, alors que je passai près de deux mois seule à Montréal. Isolée des miens, perdue dans une ville trop grande pour moi, j’appris le douloureux chemin de l’exil. La tristesse de la solitude et l’amertume de l’ennui. Je rêvai de plages, de sable chaud et de vent frais. Je songeai au chant des oiseaux qui murmurent au soleil de se lever et à la douceur de l’air salin qui chatouille les caps de mon enfance.

Je pris alors une décision: revenir. Je choisis de rester en exil afin d’acquérir le plus de connaissances possible pour un jour retourner d’où je viens et permettre à cette région si chère à mon coeur de prendre la place qu’elle mérite. J’ignore toujours vers quel port je me dirige. Journaliste ou non, seul le temps saura répondre à cette question.

Le thème de ce blogue tourne autour de l’exil, principalement parce qu’il constitue le point d’ancrage de ma vie de pseudo-montréalaise. Mes billets parleront surtout de mon impression de la grande ville et des réalités vécues. Actualités, opinions, société, politique, développement régional. Tous des sujets qui me tiennent à coeur et que j’aborderai humblement. Les commentaires sont appréciés, mais si vous n’aimez pas les régions, vous n’êtes pas à la bonne place.

Le nom du blogue se veut un clin d’oeil à la distance à parcourir entre Montréal et Gaspé. Exilée à plus de mille kilomètres, je n’aurai jamais été autant gaspésienne qu’aujourd’hui.

Seal Cove, Gaspé. Été 2008.

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Responses

  1. Bonjour,
    J’ai trouvé votre blogue par tout hasard sur Google et je l’ai lu au complet, car je me demandais ce que cela contenait… En lisant ce que vous avez écrit, je revivais ce que moi j’ai vécu à Gaspé, mais à l’inverse de vous qui êtes venue de la Gaspésie vers Montréal.
    Je suis montréalais, je dirais même un montréalais vendu, pas par sa grosseur ou par splendeur, mais juste pour y avoir passé toute ma jeunesse. Depuis l’âge de 14 ans, je voulais vivre et étudier à Gaspé. À l’âge adulte, je me disais que c’est loin, surtout loin de ma famille, loin de Montréal… Un jour, c’est ce que j’ai fait : j’ai enfin quitté Montréal pour Gaspé tout en étant positif dans ma tête et sachant que les croyances et valeurs des gaspésiens se rapprochaient des miennes… J’ai vécu à Gaspé 1 ans et demi et retourné dans la grande ville pour poursuivre mes études universitaires, car pas le choix de se ré-exiler pour faire des études supérieures… Mais dans tout cela, je voudrais vous dire que Gaspé et la Gaspésie me manquent, que je regrette d’avoir quitter la vie sereine et joyeuse que j’avais là-bas. J’ai tellement hâte d’y retourner que j’aimerais que les un an et demi d’études qui me restent s’évanouissent rapidement pour retourner vivre à Gaspé.
    Même si c’est long attendre, j’y retournerais pour y vivre. Après tout, les bonnes choses arrivent à ce qui attendent.

    J’espère que vous avez réussi vos études et réalisez vos rêves.
    Joyeuses fêtes!
    Mike

  2. Bonjour Mike,

    Merci pour ce beau commentaire, un peu inattendu puisque je ne poste plus de nouveautés depuis un moment.

    Je suis également revenue, mais pas en Gaspésie. Je me suis installée à Rimouski, pour plusieurs raisons personnelles et professionnelles. Par contre, j’ai quitté Montréal aussitôt que j’ai pu: ce n’était pas une ville pour moi.

    Je vous souhaite également beaucoup de succès, en espérant que vous puissiez vous installer à Gaspé prochainement. Au plaisir!

    Joanie

  3. Bonjour Joanie,

    Est-ce que tu vis toujours à Rimouski? Comment trouves-tu cette ville? Je pense y travailler et m’y établir.
    Au plaisir,
    Mike

  4. Bonjour Mike,

    Je suis toujours à Rimouski et, contre toute attente, j’adore la ville. Mon conjoint et moi avons décidé de nous y établir en permanence puisque nous adorons la qualité de la vie et tout ce qu’on y retrouve! Certes, les Rimouskois ne sont pas des Gaspésiens, mais ils sont certainement plus sympathiques que les Montréalais! 😉

    Bonne chance dans vos démarches.
    Au plaisir,
    Joanie


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